Un immobilier solidaire pour revitaliser les territoires ruraux

Sylvain DUMAS
Co-gérant et directeur financier de Villages Vivants
Foncière solidaire et rurale
Avec les porteurs de projets qui nous sollicitent, nous créons une aventure commune. Notre modèle est très éloigné d’une relation propriétaire-locataire classique
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Crest (Drôme)
Foncière solidaire et rurale
Tout a commencé par la rencontre de trois passionnés d’économie sociale et solidaire et de développement territorial : Valérie Dumesny, qui travaillait à la NEF, Raphaël Boutin-Kuhlman, alors à Terre de Liens, et Sylvain Dumas, expert dans la solidarité internationale et l’entrepreneuriat.
Déjouer les paradigmes
Tous les trois partagent une ambition : apporter une solution à la dévitalisation des territoires ruraux. « Nous voulions répondre à un dysfonctionnement qui est le résultat d’ingrédients multiples : concentration des emplois et services publics dans les grandes villes, montée du e-commerce, croissance exponentielle des mètres carrés des supermarchés… Or, nous avions la conviction qu’avec de la volonté, cette situation n’était pas une fatalité », explique Sylvain Dumas.
Le trio se lance alors dans l’investissement immobilier. Le principe ? Acheter, rénover puis louer des locaux dans des villages pour y installer des activités et ainsi ramener de la vie et des services de proximité. « Ce qui va à contre-courant des acteurs traditionnels du secteur qui privilégient les territoires plus attractifs, les projets plus gros pour optimiser les économies d’échelle et les bâtiments aux contraintes architecturales et urbanistiques plus simples », poursuit Sylvain. « Avec Villages Vivants, nous avons voulu déjouer ce paradigme. »
Des projets coopératifs dans le fond et la forme
Villages Vivants a déjà conduit neuf projets sur 3 000 m2 et pour des activités très diversifiées (librairie, auberge, agence de mobilité, brasserie, espace de bureaux…), créant ainsi 34 nouveaux emplois.
« Dans chaque cas, nous recherchons l’adéquation entre la viabilité économique, la réponse à un besoin du territoire et les forces des porteurs de projet avec lesquels nous nouons un véritable partenariat, dans l’esprit coopératif qui nous anime. Nous les incitons d’ailleurs à devenir sociétaires de Villages Vivants. »
Cet esprit de partenariat se ressent également avec France Active Drôme Ardèche qui a été à leurs côtés dès la création de la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Villages Vivants en 2018, puis lors du lancement de la SCA (Société en commandite par actions) Foncière Solidaire Villages Vivants en 2020. « France Active nous a soutenus depuis le début et avec toute la gamme de leurs accompagnements – outils de financement (garanties, prêts, participations au capital), conseil, mise en réseau, etc. Ils font partie intégrante de l’histoire. D’ailleurs, deux collaborateurs France Active ont rejoint nos instances dirigeantes. »
Aujourd’hui, Villages Vivants compte 11 salariés et après s’être étendue dans quatre autres départements, la coopérative est prête à franchir une prochaine étape en ouvrant une antenne à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme « Avec l’objectif de se concentrer sur le quart Sud-Est pour garder la connexion avec les territoires dans lesquels nous nous implantons. Pour les autres régions, nous proposons une activité de conseil pour les foncières qui souhaiteraient se lancer dans cette même logique de développement rural. » Ce déploiement s’accompagne aussi de la volonté de consolider encore plus la dimension démocratique et participative de la structure. « Le collectif est dans notre ADN et reste notre fil directeur », conclut Sylvain.
Crédit photo : ©JuanRobert
A bénéficié des
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Avec
plusieurs investissements solidaires de
600 000€
A été accompagné par
France Active
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Amorçage – Olivier TRAN, Biscornu
Olivier Tran
Fondateur Biscornu
Entreprise adaptée
Le traiteur solidaire de produits bio et locaux réalisés par des personnes handicapées ! 50% de la production des fruits et légumes part à la poubelle ! Un épouvantable gaspillage que Biscornu a décidé d’éliminer…

Colombes, 92025
Entreprise adaptée
Témoignage – Olivier Tran
Présentez nous Biscornu
“Biscornu est une entreprise adaptée qui emploie des personnes en situation de handicap (autisme, trisomie, mal entendant…).
Ils réalisent des recettes de haut niveau, des recettes de chefs étoilés tout en participant à un modèle plus vertueux et qui ne dégrade pas l’environnement.
50% de la production des fruits et légumes part à la poubelle ! Un épouvantable gaspillage que Biscornu a décidé d’éliminer en ne sélectionnant que des fruits et légumes déclassés, aujourd’hui jetés. Tous les produits que l’on utilise sont de saisons, bio et sans conservateurs/nitrites/sulfites. Absolument rien n’est ajouté pour être le plus respectueux de notre santé.
Notre but en créant ce concept novateur est de faire du handicap une excellence en leur donnant de la visibilité.“
Comment vous est venue l’idée de créer Biscornu ?
“Biscornu c’est avant tout une histoire personnelle. Mon fils est porteur d’autisme sévère, on s’est vite confronté à des difficultés lorsqu’on cherchait des solutions de prise en charge. J’ai donc décidé de quitter ma carrière confortable pour trouver un chemin d’espoir pour ces enfants presques délaissés.
Ce que j’ai retrouvé dans la gastronomie c’est qu’elle permet un message universel. Nos enfants ont du talent et peuvent avoir un rôle à jouer dans ce domaine.”
Comment le Fonds Amorçage vous a aidé dans le développement de votre structure ? A-t-il été bénéfique pour vous ?
“J’ai connu le Fonds Amorçage par bouche à oreille, plusieurs connaissances m’ont parlé de France Active. L’accompagnement de France Active est idéal car cela nous a donné les moyens de lancer le projet en partant de zéro.
Le fonds Amorçage nous a permis de mettre un pied à l’étrier. Cet accompagnement est sérieux, les personnes qui y travaillent font une analyse juste et judicieuse avec l’envie de changer les choses. Aujourd’hui, un membre de France Active participe à nos comités de pilotage.
On a pu développer les premières recettes et d’engager les premières dépenses. Par la suite, on a recruté un chef qui a développé les premières recettes et commencer les premières réalisations de recettes en février.
Grâce à tout cela, nous avons pu rapidement nous positionner sur des appels d’offres de grandes entreprises, développer notre activité de traiteur dans des cocktails événementiels…
Aujourd’hui, vous pouvez retrouver les produits Biscornu aussi dans nos 7 points de vente en Île-de-France ou grâce à notre activité de traiteur pour vos événements.“
A bénéficié
d’un FRIS de
125 000 €
d’une garantie impact de
82 250 €
d’une prime UrgencESS de
8 000 €
A été accompagné par
France Active Ile de France et France Active Métropole
En 2020, 2021
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Les Hauts de Belleville – Laïcité, justice sociale, solidarité, ouverture au monde, droit à la culture.
Marnia BOUHAFS
Directrice Les Hauts de Belleville
Équilibre social
On parle souvent du travail, mais je pense que c’est le logement qui est la base pour faire de l’insertion.

Belleville – Paris
Équilibre social
Parcours de Marnia Bouhafs :
Marnia Bouhafs a une grande expérience dans l’encadrement de jeunes de tous horizons et dans l’animation de quartiers. Des domaines où elle peut exprimer son sens inné du relationnel et son empathie naturelle. Elle a dirigé plusieurs MJC, après avoir été éducatrice dans un collège, directrice de centre de loisirs et de colonies.
Marnia Bouhafs prend son poste de co-directrice de la MJC Les Hauts de Belleville en 2018 avec des idées précises en tête pour faire évoluer la structure. Elle s’appuie alors en 2019 sur l’expertise de Paris Initiative Entreprise (PIE) qui porte le DLA à Paris pour légitimer son projet, et sur les recommandations de Valérie Pilla, consultante RH missionnée par le DLA, pour réorganiser le temps de travail des salariés de l’association.
En quoi la MJC et la FJT facilitent l’insertion des jeunes qu’elles hébergent ?
Depuis que je fais de l’insertion par le logement ici, je vois qu’une fois que le jeune
est bien chez lui, il peut commencer à travailler sur une structuration professionnelle.
Comme on est aussi une MJC, les jeunes qui vivent ici sont associés au quartier. J’ai envie
qu’on les considère comme les autres habitants, pas comme des jeunes en insertion qu’on aide. Bien sûr, on fait de l’accompagnement social, c’est notre métier, mais de façon à ce que le jeune ne s’en rende pas compte. On fait du sur-mesure.
On leur apprend à avoir confiance en eux. Il faut qu’ils
puissent se dire « j’ai 18 ans, j’ai un logement, je suis libre de mes choix ». Pour faire ça, il me faut plus que trois mois, ça prend du temps de les responsabiliser. »
En quoi le Dispositif Local d’Accompagnement vous a été utile ?
J’aime travailler en coopération. Coline Lefebvre, la chargée de mission DLA qui a suivi le dossier chez PIE, puis Valérie Pilla, la consultante RH missionnée par le DLA m’ont mis d’avoir un regard extérieur sur le projet de restructuration.
Quelqu’un qui te dit : « attend là tu te plantes, regardes ce qui existe, est-ce que ça colle avec ce que tu veux ? », c’est une aide. Coline Lefebvre est venue faire une présentation devant le Conseil d’Administration.
Ils n’avaient pas forcément confiance à 100% en moi lorsque je suis arrivée et j’avais besoin de soutien, de quelqu’un de légitime pour porter mon projet.
Le DLA permet d’être accompagné par des personnes en contact avec l’ESS et ses problématiques. Le fait que ce soit PIE qui gère le DLA, ça a aussi été important pour moi !
A bénéficié du
Avec
un accompagnement
DLA
une garantie de
62 500€
un investissement de
125 000€
A été accompagné par
Paris Initiative Entreprise (PIE)
En 2019
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Une librairie féministe qui donne la parole aux femmes

Rosa TARIVERDOVA
Fondatrice de la Librairie à Soi.e
Librairie féministe
Proposer 99 % de livres écrits par des autrices. C’est un parti pris fort qui nous permet d’apporter une offre différente des autres librairies et de donner un regard nouveau sur les féminismes.
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Lyon (Rhône)
Librairie féministe
“J’aime à dire que je suis une féministe post-Me Too. Ma conscience féministe s’est en effet réveillée en 2016-2017. Depuis, je n’ai cessé de lire, me documenter, écouter des podcasts sur ce sujet. J’ai également commencé à militer pour le collectif Nous Toutes. C’est donc assez naturellement que j’ai voulu lier cet engagement à ma vie professionnelle“, confie Rosa Tariverdova.
Priorité aux autrices
Ce souhait est devenu réalité en 2021 quand Rosa quitte sa carrière dans le secteur du tourisme d’affaires international, très durement touché par la crise sanitaire. Elle se lance alors dans la reprise de la libraire Musicalame, située dans le Ier arrondissement de Lyon, pour créer la Librairie à Soi.e. Le concept ? Retrouver les rayons classiques d’une librairie indépendante – littérature, sciences humaines, bande-dessinée, jeunesse… – mais avec une mise en avant très forte des autrices. ” 99 % de nos ouvrages sont s’écrits par des femmes ou des personnes queers. C’est un vrai parti pris qui offre une alternative à ce qu’offrent les autres librairies. En effet, face au volume très impressionnant de livres publiés par an, les libraires sont forcément obligés de faire de choix – tout simplement par manque de place. Et souvent cela s’opère au détriment des autrices. Ici, nous voulons leur donner une pleine visibilité “, commente Rosa.
Le rayon le plus important et le plus mis en évidence est celui consacré aux essais sur les féminismes : ” Le pluriel est important, car il montre toute la diversité de cette pensée. Nous avons ainsi des livres sur l’histoire des féminismes, l’écoféminisme, le féminisme des personnes racisées, les questions de genre, les masculinités, etc. C’est très large.”
Ce pari s’avère gagnant, car, depuis son ouverture en octobre 2021, la librairie commence à conquérir son public : des femmes bien sûr, mais également des hommes qui viennent de plus en plus nombreux. Les étudiants en master de genre de Lyon 2 font également partie des fidèles : ” Ils nous appellent leur temple ! “, ironise Rosa.
Un accompagnement aligné sur les engagements
Pour se lancer comme libraire, Rosa a suivi en 2021 une formation à l’école INFL de Lyon. Sa collègue Mélanie a, quant à elle, quinze ans d’expérience en librairie. ” C’est un soutien très solide “, confirme Rosa.
Quant aux subventions pour renforcer son projet entrepreneurial, Rosa se confronte tout d’abord à des refus de la part des organismes nationaux de référence (CNL, Drac…). ” Ils considéraient que ma proposition représentait une concurrence pour les autres librairies de Lyon. ” Mais les voyants se mettent au vert quand elle rencontre France Active Rhône (Rhône Développement Initiative). ” Là, je me suis tout de suite sentie soutenue. En plus des prêts et des garanties accordés, ma conseillère Estelle Rabiller m’a donné beaucoup d’informations et d’astuces pour devenir cheffe d’entreprise. “
Pour le reste de son accompagnement, Rosa a fait le choix de n’être entourée que de femmes : comptable, avocate, banquière. ” En effet, je ne voulais pas me heurter à une quelconque forme de sexisme. Bien sûr, j’étais prête à ce qu’on questionne le fond du projet entrepreneurial, mais pas à polémiquer sur ses partis pris féministes ou sur ses engagements. “
Après quelques mois d’ouverture, Rosa bouillonne encore d’idées pour sa librairie : aménager sa mezzanine de 20 m2 en espace de coworking, embaucher une salariée supplémentaire d’ici septembre, mais aussi étoffer le rayon jeunesse. ” C’est un point qui nous tient à cœur – pour continuer à transmettre et à proposer, même pour les plus jeunes, des livres qu’ils ne trouveraient pas forcément ailleurs. “
A bénéficié du
Avec
une garantie de
49 800€
des prêts solidaires de
12 000€
A été accompagné par
France Active à Lyon (RDI)
En 2021
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Aider les femmes à redevenir cheffes de leur vie

Marie-Louise FAYE
Fondatrice et directrice de l’association Kër
Restaurant/traiteur et comptoir éthique
Nous valorisons leur savoir-faire en cuisine de ces femmes souvent sous-exploité et réservé à la sphère familiale pour les amener dans un parcours professionnel et leur permettre de réaliser leurs rêves.
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Dijon (Bourgogne)
Restaurant/traiteur et comptoir éthique
Non, ce n’est pas breton, mais bien wolof : Kër se dit « cœur » et signifie « la maison » : « Car pour moi les femmes sont le cœur de la maison. Chez elles, ce sont de vraies cheffes d’entreprise. Elles y gèrent tout ! », explique Marie-Louise Faye, fondatrice de Kër qui a vu le jour en décembre 2020. L’association a été conventionnée structure d’insertion par l’activité économique, porteuse d’un atelier et chantier d’insertion qui emploie des femmes issues des migrations pour leur créer un tremplin.
Un parcours entre persévérance et ténacité
Ingénieure agroalimentaire, Marie-Louise commence son parcours en tant que salariée de chantiers d’insertion. Elle y a notamment la charge de mettre en place des bonnes pratiques (formations, HACCP, process de production, etc.). Elle suit en parallèle des cours du soir pour obtenir son diplôme d’accompagnement socioprofessionnel de publics en situation de difficulté et de précarité. Elle devient même chargée de mission sur le volet emploi et formation de la Fédération des acteurs de la solidarité en région Bourgogne-Franche Comté. « J’ai finalement travaillé sur toutes les phases en lien avec l’insertion par l’activité économique », résume-t-elle. Durant ce parcours, l’envie d’entreprendre et d’assumer pleinement son autonomie ne la quitte jamais. Elle se lance d’ailleurs dans deux projets de création d’entreprise qui n’aboutissent pas, faute de financements : « J’ai voulu me lancer dès la sortie de l’école, et je n’étais pas prête. Pour que ça se concrétise, j’ai eu besoin de me construire, de gagner en expérience et en réseau. Surtout, ça m’a appris la persévérance et à ne pas baisser les bras ! »
Redonner de l’autonomie aux femmes migrantes
En 2020, Marie-Louise sent donc que c’est le bon moment pour se lancer. Et même si elle attend son premier enfant au même moment, jamais sa motivation ne faiblit. Car la création de Kër est avant tout une histoire d’autonomie : celle de Marie-Louise bien sûr, mais aussi celle de ces femmes migrantes qu’elle emploie en contrats d’insertion. « Le déclic s’est fait quand j’ai rencontré à Paris l’association Food de rue. Je me suis alors dit que je devais transposer le concept à Dijon. J’avais mon projet d’entreprise et il m’est apparu évident qu’il ne fallait pas que je sois la seule à en bénéficier et qu’il fallait que je l’ouvre à d’autres femmes. Je viens du Sénégal et je connais la difficulté de pouvoir vivre sa vie en tant que femme, d’être discriminée en fonction de ses origines… »
Pour monter son projet, Marie-Louise est accompagnée par l’incubateur T, co-piloté par France Active Bourgogne. Elle mène ainsi une phase d’expérimentation de neuf mois. Dans ce cadre, elle bénéficie également d’un Fonds de confiance (devenu Place de l’Émergence). « Ces étapes ont été très structurantes. Elles ont permis de démontrer la pertinence du projet et, dès juillet 2021, j’ai obtenu l’agrément chantier d’insertion. En septembre, je recrutais les premières employées. » Elles sont désormais dix, toutes habitantes de l’agglomération Dijonnaise. Venant d’Algérie, du Maroc, de Mongolie, du Sri Lanka, d’Inde, d’Éthiopie ou du Congo, chacune propose à la carte des plats issus de leur pays d’origine. « Pour certaines, il s’agit de leur première expérience de travail. C’est très stimulant de les voir chaque jour gagner en confiance, prendre plaisir à sortir de chez elles, de leur isolement, de commencer à construire un parcours professionnel pour le futur. Il y a également une magnifique dynamique d’entraide et de solidarité qui se crée. »
Et alors que l’association est actuellement accueillie par le Centre d’hébergement et de réinsertion sociale ADEFO, Marie-Louise se lance un nouveau défi : trouver un local, voire l’acheter. « Nous pourrions ainsi rassembler nos bureaux, nos espaces de formation, nos lieux de production, mais aussi proposer des postes de travail et de formation plus confortables et accueillir des clients en vente directe. » De quoi continuer à donner la pleine mesure de ce projet.
A bénéficié
d’une prime de
20 000€
A été accompagné par
France Active Bourgogne
En 2018
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Retisser les liens vers l’emploi

Founé CAMARA
Co-fondatrice de l’association Les Aiguilles de Normandie
Atelier chantier d’insertion
Parmi les femmes accompagnées, toutes ont dû à un moment sacrifier leurs propres projets pour soutenir un mari en insertion, s’occuper des enfants, prendre soin de leurs parents… Elles retrouvent ici une dynamique positive et valorisante.
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Val-de-Rueil (Eure)
Atelier chantier d’insertion
Que ce soit dans le cadre de ses études dans le domaine de l’ingénierie du territoire ou dans ses divers engagements associatifs, Founé Camara a toujours eu un fil conducteur : « être utile, ancrée au plus proche du terrain. » C’est d’ailleurs ce qui la pousse en 2015 à fonder avec un groupe d’amis une première association, Langues et alphabétisation Normandie. Elle travaille ensuite pour Nos Quartiers ont du Talent et Unis-Cité, avant de devenir chef de projet pour développer une régie de quartier à Louviers, dans l’Eure. C’est ici qu’elle découvre l’univers des structures d’insertion par l’activité économique. Ce qui lui donne l’impulsion de créer en 2021 Les Aiguilles de Normandie. « J’y allie ma vocation qui est d’être utile, ma passion qui est le stylisme et mes compétences en gestion de projet », résume-t-elle.
Des savoir-faire bien ancrés dans le territoire
Elle se lance dans l’aventure avec son partenaire, Nathan Gouin, qui était déjà de la partie pour Langues et alphabétisation Normandie. « Nous sommes très complémentaires. Lui a une connaissance très fine des jeux d’acteurs nationaux et régionaux ; moi celle du terrain, du milieu de l’insertion, de l’accompagnement. J’apporte aussi ma touche de créativité. Et surtout, nous sommes parfaitement alignés sur une même vision, une même rigueur et un même engagement au service des femmes éloignées de l’emploi. »
L’idée de créer les Aiguilles de Normandie vient de la rencontre de la passion de Founé pour la mode avec une tradition bien ancrée du territoire : « Nous sommes dans un ancien bastion de l’industrie textile. Beaucoup de personnes ont donc des compétences en couture, tricot, broderie… C’est assez naturellement que nous avons tiré ce fil pour créer une structure qui soit utile aux femmes de la région. »
L’association propose ainsi quatre services : le recyclage de tissus « dormants » neufs pour les transformer en accessoires zéro déchet (lingettes bébé, de maquillage, pour la maison…), prêt-à-porter, confection pour les créateurs et bientôt retoucherie. Le tout accessible aux particuliers grâce à de la vente en ligne et prochainement en boutique, ou aux collectivités via des partenariats pour la production, par exemple, de tuniques ou vêtements professionnels.
Responsabiliser et redonner confiance
Actuellement, l’atelier emploie dix personnes en insertion, dont neuf femmes. « Nous voulions nous adresser à ces femmes qui ont connu souvent des barrières dans leur vie, renonçant à poursuivre leurs études, à chercher un emploi à la hauteur de leurs compétences et même de leurs ambitions. » Pour recréer une dynamique positive et valorisante, Founé et Nathan misent sur un management en cogestion : « Nous discutons ensemble des contrats, nous leur demandons leur avis sur le stylisme, les tissus, les dessins… Nous avons à cœur de les inclure dans les décisions pour leur redonner confiance en elles. Cela fait aussi partie du parcours d’insertion. »
Pour Les Aiguilles de Normandie, les défis ne s’arrêtent pas là. Founé et Nathan souhaiteraient, d’ici quelques mois, étoffer l’équipe, agrandir les locaux et ouvrir la boutique physique actuellement en travaux. À plus long terme, ils auraient également en projet de créer une coopérative avec des artisans en couture ainsi qu’un centre de formation. « Ce serait un moyen de garder des liens avec les personnes passées en insertion chez nous durant deux ans. »
Nul doute que pour ces prochaines étapes, ils feront appel à France Active Normandie qui est à leurs côtés depuis le début : « Ils nous ont en effet accompagnés pour préserver notre trésorerie et sur le montage financier. Désormais, nous contactons toujours France Active avant de demander conseil à la banque ou à tout autre partenaire. Ils sont un soutien clé pour consolider notre projet. »
A bénéficié du
Avec
un prêt solidaire de
30 000€
A été accompagné par
France Active Normandie
En 2021
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Une insertion pour tous… et toutes !

Véronique Saint-Aubin
Directrice générale de l’association SFM-AD
Centre social
Organisme de formation et ACI (Atelier-Chantier d’Insertion)
« Dans les familles, c’est encore très généralement les femmes qui ont la charge des enfants. On ne peut pas passer à côté de cette donne si on souhaite vraiment lever les freins à leur développement professionnel et social. »
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Stains 93240
Organisme de formation et ACI (Atelier-Chantier d’Insertion)
Toute la carrière de Véronique Saint-Aubin est liée à SFM-AD. « J’étais, en effet, étudiante en mathématiques à Jussieu en 1980 quand j’ai décidé de faire du bénévolat pour SFM (Solidarité Français Migrants) qui donnait des cours de français à des femmes d’origine étrangère. Ça a été une révélation ! Et après deux années, j’ai souhaité me professionnaliser dans ce domaine et je suis devenue coordinatrice de l’association. »
Une approche globale de l’insertion
En 1995, SFM se dissout. Ne restent que les entités locales qui ont les moyens de se restructurer. Véronique est de l’aventure et devient la directrice de SFM-AD (Solidarité Formation Mobilisation Accueil et Développement), implantée à Stains.
Aujourd’hui, l’association compte 80 salariés et accompagne chaque an près de 6 000 personnes du territoire – que ce soit individuellement ou en famille – au travers d’activités socio-éducatives et d’actions de formation et de qualification : cours de français, remise à niveau ou préparation aux concours de la fonction publique, au titre d’assistante de vie aux familles, au CAP Petite enfance ou Gardien d’immeuble, élaboration de projet professionnel, découverte des métiers, accompagnement des jeunes…
Et les femmes dans tout ça ?
Parmi les publics accompagnés, près de 70 % sont des femmes. « Cela ne relève pas du hasard, confirme Véronique Saint-Aubin. C’est même dans l’ADN de l’association. En effet, quand SFM s’est créée dans les années 1970, beaucoup d’initiatives se lançaient pour donner des cours de français ou d’alphabétisation dans les foyers de travailleurs et les usines. Mais quasiment rien n’était prévu pour les femmes. Et pour cause, qui allait s’occuper des enfants durant ce temps ? » C’est pourquoi SFM s’est dotée très vite d’une éducatrice jeunes enfants et désormais SFM-AD compte quatre crèches (bientôt davantage) en Seine-Saint-Denis, ouvertes à au moins 30 % de familles en parcours d’insertion. L’association participe également à l’action expérimentale FMUP (Fais-moi une place), destinée aux parents qui cherchent rapidement un mode de garde pour leur(s) enfant(s), afin de leur permettre d’intégrer un parcours de formation/emploi. « Ainsi, s’occuper à la fois de formation, d’accompagnement, mais aussi de la garde des enfants représente un vrai levier pour lever les freins à l’insertion pour les familles – et tout particulièrement pour les femmes. »
Un partenaire de confiance
Durant tout son parcours à la direction de SFM-AD, Véronique Saint-Aubin a su compter sur le soutien de France Active : « C’est un vieux partenaire, avec lequel des liens de confiance se sont noués. Que ce soit pour nos besoins de trésorerie ou pour faciliter nos relations avec les banques. C’est un tiers très utile, car les finances ne sont pas notre cœur de métier. Et quand on monte un projet de près de 800 000 euros pour acheter et équiper les locaux d’une nouvelle crèche, c’est bien normal d’avoir des interrogations. Ils ont toujours été là pour nous apporter le bon diagnostic et la bonne expertise. On se sent beaucoup moins seuls ! »
L’association SFM-AD a récemment bénéficié d’un investissement de 100 000 euros et d’une garantie Égalité Territoires sur un montant de 60 000 euros.
A bénéficié du
Avec
plusieurs garanties d’un total de
187 750€
plusieurs investissements d’un total de
420 000€
A été accompagné par
France Active Métropole
Depuis 2008
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Les Monts de Gy cultivent l’emploi en Haute Saône

Thierry SAUVAGEOT
Directeur du pôle Économie Sociale et Solidaire de l’AFSAME Jardins bio des Monts de Gy
Entreprise adaptée et Entreprise d’insertion
Deux entreprises adaptées et d’insertion misent sur les légumes bio pour développer l’emploi solidaire.
Gy 70700
Entreprise adaptée et Entreprise d’insertion
Faire pousser les légumes et les emplois
Dans le pays Graylois, les légumes poussent comme les emplois, grâce aux Jardins Bio. Nés en 2012 pour combler l’absence d’entreprise adaptée, ils récoltent aujourd’hui le fruit de leurs efforts. « En 8 ans, nous sommes passés de 5 à 30 ha en production de légumes certifiés BIO et de 8 à 33 salariés, dont 27 en situation de handicap. L’objectif est d’en accueillir 50 d’ici à 2022. Sans nous, ces personnes, souvent fragiles, auraient beaucoup plus de mal à occuper un emploi ou n’en trouveraient pas », reconnait Thierry Sauvageot, directeur du Pôle ESS de l’AFSAME, l’association qui dirige les Jardins Bio.
Une recette qui fonctionne
Pour commercialiser ses légumes et ceux d’autres producteurs locaux, l’AFSAME donne naissance à une 2ème pousse en 2018 : C’Bio. Il s’agit cette fois d’une entreprise d’insertion dont le territoire ne disposait pas non plus spécialisée dans la commercialisation, transformation et conditionnement de produits locaux biologiques. « Nous y accueillons des personnes éloignées de l’emploi pour qu’elles reprennent confiance et rebondissent dans la vie active », explique Thierry Sauvageot. Les clients sont au rendez-vous et le volume d’affaires croie régulièrement. Un succès que France active a accompagné dès le départ, avec une avance remboursable de 60 000 €, « mais surtout en validant notre viabilité économique. La Banque des territoires a rejoint notre conseil d’administration en 2017, et participe aux financements avec un apport de 240 000 €. Les financements obtenus (Etat, Région, France Active, Banque des Territoires, …) nous ont permis de faire de gros investissements assurant ainsi notre développement économique mais aussi d’offrir à nos salariés de meilleures conditions de travail », conclue Thierry Sauvageot.
A bénéficié du
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60 000€
des investissements de
240 000€
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Jamais à court d’idées pour l’emploi

Patrick CHOUX
Directeur général de Groupe ID’EES
Groupe d’insertion
Se regrouper et agir pour la réinsertion des plus éloignés de l’emploi
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21300 CHENÔVE
Groupe d’insertion
Comment retrouver le chemin de l’emploi quand on l’a perdu depuis longtemps ? Comment ne pas se sentir exclu quand on vit aux portes de la Suisse et que tous les autres travaillent ? C’est à ces questions qu’a répondu le groupe d’insertion ID’EES, en créant ID’EES R&V, à Pontarlier en 2016.
Réinsérer utile
Préval, le syndicat mixte des déchets du Haut-Doubs, cherche alors à créer un centre de tri pour traiter les déchets avec des emplois locaux. GROUPE ID’EES et Suez répondent présents. « Nous avons obtenu un contrat de 10 ans et créé au total 50 emplois, dont 40 pour ID’EES R&V », explique Patrick Choux, directeur général de GROUPE ID’EES.
Il s’agit d’emplois d’insertion, durant lesquels les salariés ont les mêmes droits et devoirs que n’importe quel autre mais bénéficient d’un encadrement renforcé. Avec comme objectif de réintégrer un emploi classique. « C’est le cas de 68 % de nos salariés car travailler en centre de tri est très formateur. Cela développe la coordination, remet en condition physique et génère une grande solidarité », précise Patrick Choux. Un aspect formateur que GROUPE ID’EES a décidé de renforcer en transformant toutes ses entreprises d’insertion en entreprises apprenantes.
Se faire accompagner, clé de la réussite du projet
C’est pour ce type de projets que le soutien de France Active et de la Banque des territoires est déterminant. « France Active est à nos côtés depuis plus de 20 ans. Elle détient aujourd’hui 4 % de notre capital social. La Banque des territoires nous a rejoint avec 1 million €, quand nous avons augmenté notre capital de 5 millions €. C’était à son initiative et c’est grâce à elle que nous avons pu obtenir autant » affirme-t-il en conclusion.
A bénéficié des
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Avec
plusieurs garanties d’un total de
245 000€
plusieurs investissements d’un total de
4,7 M€
A été accompagné par
France Active Franche-Comté
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