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COVID-19 – De l’urgence à la relance – Interview de Fanny Gerome, directrice générale adjointe de France Active



Faire face à l’urgence et préparer la reprise, c’est le mot d’ordre que France Active s’est donné pour accompagner les entrepreneurs en cette période de crise économique. Les explications par Fanny Gerome, directrice générale adjointe de
France Active, sur les solutions développées ces deux derniers mois.

Comment les entreprises accompagnées par France Active
font-elles face à la crise économique liée au Covid 19 ?

Après deux mois de confinement, il est encore difficile d’avoir un
regard très précis sur la santé économique des 60 000 entreprises que nous avons en portefeuille. Cela étant, la campagne de suivi que nous
avons initiée dès le mois d’avril dernier nous donne de grandes tendances. Les entreprises les plus fragiles souffrent le plus, celles qui
n’avaient pas de fonds propres, dont les difficultés préexistaient. Les
plus solides encaissent le choc. Elles sont en train
de gérer au mieux.
Nous travaillons avec nombre d’entrepreneurs sur
des scénarios de reprise d’activité, même si
toutes les conditions ne sont pas encore toutes
requises. Pour le tourisme social par exemple, un
retour à la normal est aujourd’hui difficile à
envisager. Comme pour d’autres secteurs, le
point de fragilité porte sur la forte immobilisation
qu’ils ont besoin de solliciter pour faire tourner
leur activité.
Nous agissons aussi de concert avec les banques
et tentons d’orienter notre soutien vers les
entreprises les plus fragiles, notamment les plus
petites, pour lesquelles la question de
l’endettement se pose fortement.

Comment France Active s’est-elle mobilisée pour soutenir les entrepreneurs en portefeuille ?
L’esprit dans lequel nous avons mis en place nos mesures se fondent sur notre capacité à agir au regard des moyens
dont nous disposons. Comme d’autres acteurs de la finance, nous avons répondu à l’urgence. Nous avons fait un choix de reports
d’échéances assez larges. Très rapidement, nous avons décidé de mettre en place des solutions permettant d’apporter un soutien pour
la reprise d’activité des entrepreneurs les plus engagés sur l’impact social, l’emploi et l’écologie. À présent, nous travaillons sur des perspectives plus larges d’accompagnement qui vont s’appuyer sur notre campagne de suivi et sur l’analyse de nos données. Nous gardons en ligne de mire notre projet associatif qui nous amène à
agir pour les entrepreneurs les plus fragiles. Nous souhaitons nous associer à d’autres acteurs de l’entrepreneuriat et de la finance pour que chaque entrepreneur puisse bénéficier d’une communauté engagée dans sa réussite. C’est le sens du Pacte Relance que nous
avons renforcé en avril dernier.

Que propose désormais le Pacte Relance aux entreprises les plus engagées ?
Notre volonté est d’intervenir en pleine
complémentarité avec les mesures portées par
l’État, Bpifrance, la Banque des Territoires et les
Régions. L’effort collectif est ici immense et c’est
de notre responsabilité
d’agir à leurs côtés dès
lors que la finalité
sociale de l’entreprise
entre en résonnance
avec nos priorités
d’intervention.
Autrement dit, notre action se concentre sur
les entrepreneurs les plus éloignés du financement
bancaire comme auprès des entrepreneurs qui
placent l’utilité sociale au coeur de leur modèle. Le
Pacte Relance s’adresse donc aux entrepreneurs solidaires qui rencontrent des difficultés pour relancer leur activité. Nous l’avons renforcé avec le Prêt Relève Solidaire, un prêt sans intérêt qui peut s’élever jusqu’à 100 K€ sur une durée de 12 à 18 mois. Doté aujourd’hui de 30 millions d’euros, le prêt pourra concerner dans les
prochains mois au moins 500 entreprises. Nous avons bénéficié ici de l’appui majeur de la Banque des Territoires et de partenaires privilégiés : le Haut-Commissariat à l’Économie sociale et solidaire et
à l’Innovation sociale, Régions de France, la Fondation de France,
Mirova (Groupe BPCE), MAIF, le groupe Macif et sa Fondation,
Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, ainsi que BNP Paribas.

Lire Walter #23

L’économie en symbiose




La crise actuelle, qui se révèle à la fois sanitaire, environnementale, économique et sociale, invite à une prise de conscience globale : il est plus que jamais urgent de changer de modèle en profondeur. Et pour cela, poser les bases d’une économie à la fois régénérative, collaborative, résiliente ; en symbiose. Les entrepreneurs engagés y œuvrent.

Transposer le terme de « symbiose », issu du monde de la biologie, sur le territoire de l’économie est porteur de sens. « C’est évidemment un rappel à l’impérieux besoin de recréer du lien avec le monde du vivant, de l’intégrer au sein de nos vies, de nos communautés sociales, de la ville, de nos équilibres socio-économiques », explique Isabelle Delannoy, environnementaliste, théoricienne du concept d’ « économie symbiotique » (voir interview ci-dessous). C’est également un levier puissant pour appréhender les enjeux écologiques dans un cadre plus vaste que les seuls impacts environnementaux. « Fondamentalement, ce concept fait écho à tous ces entrepreneurs engagés qui travaillent certes sur la notion de ressources durables, mais qui recherchent aussi un impact sur plusieurs aspects au sein de tous leurs écosystèmes, rappelle Marlène Fargues, en charge du financement des entreprises solidaires chez France Active. C’est-à-dire en arrivant à se développer de manière harmonieuse avec leurs territoires, leurs environnements, leurs parties prenantes internes, leurs partenaires, etc. »
Les fermes Paysan urbain, déployées d’abord en Ile-de-France et depuis 2018 à Marseille, avec le soutien de France Active, répondent à toutes ces dimensions. Son président, Guillaume Morel-Chevillet le confirme : « L’agriculture urbaine répond à un premier enjeu de production alimentaire. Mais pour des fermes comme les nôtres, intra-urbaines, donc sur de petites parcelles, cette vertu reste limitée. nous visons aussi un autre aspect : celui d’introduire une nouvelle expérience de nature en ville, avec des aménagements paysagers ouverts à tous. Nous permettons aux habitants de changer de relation à la nature. Enfin, certes notre action écologique est importante, mais notre mission est aussi plus vaste. En tant que Chantier d’insertion, hébergé par les Compagnons d’Auteuil, notre vocation est sociale. Fournisseur des restaurants locaux, nous sommes un acteur économique du quartier. »

Des modèles plus collaboratifs et résilients

Cette multidimensionnalité est aussi essentielle pour consolider de nouveaux modèles qui explorent des voies inédites et en sont à leurs prémices. « Ce que nous proposons est encore nouveau. Comme beaucoup de projets d’agriculture urbaine, nous n’avons pas encore trouvé pleinement notre maturité économique et restons dépendants des subventions, poursuit Guillaume Morel-Chevillet. Mais en étant ouverts à nos écosystèmes locaux, en recherchant un impact pluriel, nous nous ouvrons aussi à plus de souplesse et d’adaptation. Ainsi, nous travaillons actuellement à développer les ventes aux particuliers et à diversifier nos productions, en visant toujours plus de synergies avec notre quartier. »
L’une des vertus de la symbiose est, en effet, de créer une ouverture positive, une interdépendance vertueuse entre tous les acteurs. « Ce terme d’“interdépendance” n’est pas à percevoir comme quelque chose de dangereux pour une structure, commente Grégory Fauveau, responsable du pôle Économie Circulaire et Déchets à l’ADEME Ile-de-France. Je pense par exemple à ce producteur de champignons parisien, “La Boîte à Champignons”, que nous avons soutenu à l’ADEME. Il utilise dans son substrat à la fois des résidus de la brasserie voisine, du marc de cafés des bistrots locaux et même des cartons de l’entreprise d’insertion de déménagement à proximité. Nous sommes évidemment dans le cercle vertueux de l’économie circulaire mais aussi dans une nouvelle manière de collaborer un peu plus en réseau avec les acteurs économiques, les territoires, les acteurs sociaux. Chacun se soutient mutuellement. C’est un bel organisme vivant qui voit le jour, fondé sur un nouveau mode de relation où ils ne sont pas des concurrents mais véritables partenaires. Ils sont plus forts et résistants ensemble. »

Vers des ressources d’avenir

S’intégrer de manière équilibrée et dynamique dans son écosystème, c’est aussi en réinterroger les ressources potentielles – ouvrant alors la voie à des innovations permettant de réels sauts techniques et d’usages. C’est le cas de l’entreprise SAS Minimum, implantée à Pantin, qui a conçu un matériau de construction inédit – « Le Pavé » – produit grâce à du plastique recyclé. « Nous voulions sortir de la boucle qui consiste à recycler une bouteille en plastique en une autre bouteille en plastique, qui a une durée de vie de quelques minutes et redevient très vite un déchet, explique Marius Hamelot, son président. En créant un matériau pour le BTP, nous proposons une alternative massive qui s’inscrit dans le long terme et dans les circuits courts en minimisant les transports entre le gisement de déchets (la ville principalement), son lieu de recyclage (les lignes industrielles que nous montons) et leur utilisation (par les acteurs du BTP) . »

Mais un tel changement de perspective impose de créer de toutes pièces une nouvelle filière et de nouveaux modes de production : « Cela nécessite de gros investissements industriels et la mise en place de protocoles de recyclage. Il faut aussi réussir à introduire son matériau dans le secteur du bâtiment qui n’en a pas l’habitude et donc aller au contact des artisans, etc. » Autant de verrous financiers, techniques, normatifs, culturels qui doivent être dépassés pour devenir un vrai levier de transformation en profondeur. « Pour cela, l’économie en symbiose est essentielle, complète Marius Hamelot. C’est-à-dire les coopérations basées sur la transparence avec des acteurs partenaires, de taille équilibrée, pour poser les premières collaborations, les premiers marchés, les premiers tests produits… mais aussi le soutien financier d’acteurs tels que France Active qui ont investi dans le projet, créant une chaîne de confiance auprès d’autres financeurs et lui ont permis de changer d’échelle. »

Même dynamique chez la jeune société ÉcoMégot, accompagnée également par France Active. Cette entreprise a en ligne de mire un déchet, certes commun et anodin en apparence, mais qui s’avère particulièrement toxique et polluant : le mégot de cigarette. Et ce, en l’attaquant sur tous les fronts : via la collecte, grâce à la conception et l’installation de mobilier urbain, la valorisation en combustibles pour les cimenteries locales – permettant de diminuer leur consommation d’énergies fossiles – et, nouveauté, le recyclage : « une innovation que nous venons de rendre possible grâce à notre travail avec des laboratoires, explique Sandrine Poilpré, sa co-fondatrice. Au départ, c’était quasiment une page blanche. Il existait certes quelques acteurs sur ce segment du mégot, mais surtout associatifs et axés sur la sensibilisation. Nous, nous avons fait le choix de l’innovation pour trouver des techniques globales de recyclage. Et c’est en nous appuyant sur une multiplicité d’acteurs territoriaux différents – collectivités, entreprises, associations et partenaires tels que France Active –, que nous avons posé peu à peu les bases d’un vrai modèle pérenne, viable et qui essaime. D’ailleurs l’un de nos prochains défis est de repousser nos frontières et de nous implanter en Europe. » Preuve que l’on peut viser économie circulaire, respect des équilibres, innovation et croissance durable.

Pour voir plus grand, accompagner plus largement

« N’oublions pas, néanmoins, que quand on propose de nouveaux modèles de coopération ou de production, on se heurte fréquemment à des cadres préexistants – financiers, réglementaires, juridiques, organisationnels… – qui n’ont pas été pensés pour nous. Beaucoup reste à inventer », rebondit Sylvain Péchoux, co-gérant de la couveuse coopérative d’activités agricoles, Les Champs des Possibles (voir encadré « Boîte à outils »). D’où un nécessaire accompagnement – lui-même ouvert, hybride, pensé en réseau, multipliant les approches et les échelles. « Chez France Active, nous savons bien que ces entrepreneurs engagés dans l’économie en symbiose sont les plus innovants car ils mixent les approches et les impacts. Tout l’enjeu est de leur permettre de sortir de l’initiative unique pour voir plus large et faire écosystème », explique Marlène Fargues. France Active compte alors sur la force de son réseau, qui permet à la fois d’identifier des projets sur tous les territoires, de les connecter entre eux et d’apporter une cohérence nationale. « Cette dynamique multidimensionnelle s’exprime tout particulièrement dans notre Fonds d’amorçage – où nous accompagnons financièrement et dans la construction de leurs business models les projets les plus innovants. Et pour encourager les projets à même de développer des impacts autant écologiques, qu’économiques et sociaux, nous sommes actuellement en train de travailler à une formalisation plus forte de notre offre de connexion, pour intensifier le partage d’expériences et les créations de liens – en d’autres termes, les dynamiques symbiotiques vertueuses… »

4,6 tonnes de déchets

produites par habitant
(ADEME)

227,5 millions de tonnes

par an par le secteur du BTP,
le plus gros producteur de déchets en France.

(ADEME)

10 milliards de mégots de cigarette

jetés dans la nature chaque jour dans le monde
représentant 40 % des déchets maritimes
Une cigarette dans l’eau = 500 litres pollués
(OMS)

800 000 emplois

générés par l’économie circulaire en France.
Les activités de réparation des produits usagés, de réutilisation ou de recyclage génèrent 25 fois plus d’emplois que la mise en décharge de ces déchets.
(Ministère de la transition écologique et solidaire)

L’agriculture en réseau

Proposer une organisation à la fois durable, résiliente et productive, c’est l’objectif de la couveuse coopérative d’activités agricoles, Les Champs des Possibles, basée à Montreuil. Constituée en société coopérative d’intérêt collectif, elle regroupe à la fois des paysans, des artisans, des salariés de la structure, des partenaires de distribution, des collectivités territoriales, des citoyens engagés… En bref, tous les acteurs de la chaîne alimentaire agissant en synergies. Mutualisant les risques, les investissements et le matériel et offrant la possibilité de diversifier ses activités, ce modèle est un tremplin pour l’entrepreneuriat collectif et la création d’activité. Cette dynamique en symbiose se diffuse peu à peu grâce à la création du Réseau national des espaces tests agricoles (RENETA) qui compte actuellement 70 structures en France et en Belgique.

3 questions à Isabelle Delannoy, Environnementaliste, théoricienne du concept d’économie symbiotique

Que recouvre la notion d’économie symbiotique ?

 

Ce concept décrit une économie régénérative de ses ressources : vivantes avec la permaculture, l’inscription de l’ingénierie écologique dans l’urbanisme ou l’agroécologie ; sociales avec les réseaux d’économie sociale et solidaire, d’économie collaborative, etc. ; et matérielles avec l’économie circulaire et de l’usage. Plus elles sont associées, plus une économie partagée et venant du local se développe. Ce n’est surtout pas une économie des petits contre les grands – nous avons besoin de tous. Elle n’est pas non plus synonyme de repli sur soi – ne confondons pas autonomie et autarcie. Elle ne propose pas non plus de recettes miracles – elle accouche peu à
peu d’un monde avec humilité.

 

En quoi peut-elle représenter un levier économique puissant ?

 

Relier les écosystèmes sociaux, industriels, territoriaux, etc., met en place des mécaniques d’échanges vertueuses qui génèrent du chiffre d’affaires. Ce n’est pas parce que c’est doux, que ce n’est pas puissant. Ce n’est pas parce que c’est beau, que ce n’est pas efficace. Ce n’est pas parce que c’est écologique que ce n’est pas économique. Toutes ces oppositions dans un système dit “extractif” s’annulent dans une économie régénérative.

 

Qu’est ce qui manque pour vraiment faire système ?

 

Aujourd’hui, nous devons faire culture. Tout d’abord, en multipliant les lieux de rassemblement et de mutualisation de tous ces écosystèmes régénérateurs (fablabs,
jardins partagés, tiers lieux, etc.) mais aussi les initiatives locales à même de créer les synergies. Mais surtout, nous avons besoin de financeurs et d’outils de financements adaptés à cette économie très mixte ainsi que de méthodes et d’évaluations. Dans cette optique, nous sommes en train de créer une chaire d’économie régénérative au CNAM, mettant en oeuvre les principes de l’économie symbiotique.


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Lancement de L’Appli by France Active



Présent dans tous les territoires, la force du réseau France Active réside dans sa proximité avec les projets qu’elle accompagne.

Cette proximité s’étoffe avec le lancement de notre plateforme numérique dédiée à la relation avec les entrepreneurs. Elle leur permet :

  • un contact permanent avec les chargés de mission,
  • un panorama des solutions qui s’offrent à eux dans leur territoire,

le tout dans un format simple et fluide.

Les femmes à la relance


Parce que la relance ne pourra se faire qu’avec les femmes, France Active s’associe au Secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations pour valoriser celles qui entreprennent. Les projets qu’elles portent ont pu être secoués par la crise, mais elles ont su s’adapter, innover et trouver des solutions pour repartir.

Parce que les femmes qui entreprennent participent à la construction, mais que persistent pour elles plus de difficultés d’accès aux financements, France Active continue de les soutenir, pour une économie inclusive, solidaire et durable.

Et parce que de cette situation peut naître des opportunités pour les femmes de créer, France Active continue de proposer, comme avant la crise, son Pacte Création avec une garantie bancaire à destination des femmes créatrices d’entreprises, la garantie Égalité femme.

Marlène Schiappa

Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations

L’égalité entre les femmes et les hommes doit être la grande cause de la relance, nous ne surmonterons pas la crise sans les femmes mais bien avec elles ! Nous lançons cette campagne pour valoriser des femmes qui ont su se réinventer grâce aux aides mises en place. Les entrepreneuses sont déjà moins financées que les hommes, la crise peut être l’opportunité de leur donner la place qu’elles méritent : des leaders du monde économique !

Paroles d’entrepreneures

France Active les a financées dans la création ou le développement de leur entreprise.

Elles nous parlent de la crise : comment elles l’ont vécue, comment elle se sont adaptées.

Voici ce qu’elles en retiennent.

Anna Lévêque

Directrice d’Handicall

Je suis assez confiante sur la reprise, même si la situation de crise que l’on connaît risque de durer. Nos modes d’organisation doivent s’adapter à une situation qui passe d’exceptionnelle à relativement pérenne.
Lire la story

Audrey Le Mounier

Créatrice du Thé à Coudre

On a demandé du chômage partiel, on a eu recours au fonds de solidarité de la part de l’Etat, suspension des emprunts bancaires, et auprès de France Active également. On a un peu de trésorerie d’avance, donc pas besoin dans l’immédiat du prêt à taux zéro, mais c’est sûr que dans d’autres circonstances, ça aurait été super utile. Ces solutions de décalage seront à payer plus tard certes, mais ça permet de sauver les meubles contextuellement.
Ça reste une chouette aventure, de voir à quel point on peut être soutenus, les clients sont fidèles à ce qu’ils ont connu. Lire la story

Des solutions pour faire face à la crise

Trouver des financements

Bpifrance a mis en place toute une gamme de prêts comme les prêts Atout (sans garantie sur 3 à 5 ans de 10k€ euros à 5 M€ pour les PME et les ETI) ou les prêts rebonds (sans garantie de 10k€ à 300k€ pour les TPE et PME. Les prêts rebonds sont mis en place au niveau régional. Bpifrance propose des actions spécifiques pour les start-ups en plus des procédures de remboursement des crédits d’impôt de type CIR.

La Banque des Territoires s’engage de son côté auprès des entrepreneurs de l’ESS sur le report, sur demande, des échéances de remboursement des prêts du Programmes d’Investissement d’Avenir (PIA) ESS. Des actions spécifiques sont mises en place pour le secteur de l’innovation (start-up et PME) avec l’accélération du versement des subventions destinées aux entreprises. Enfin, la Banque des territoires est mobilisée et apporte son soutien aux collectivités, en particulier les régions, pour la mise en œuvre d’actions locales pour les petites entreprises et l’ESS.

La Fédération bancaire française relaie les mesures exceptionnelles de la place bancaire, applicables dès maintenant par toutes les entreprises :

  • Service appui aux entreprises maintenus (contacts par mail et téléphone privilégiés)
  • Procédure accélérée d’instruction de crédit pour les situations de trésorerie tendue (5 jours délai)
  • Suppression des pénalités et des coûts additionnels de reports d’échéances et de crédit
  • Moratoire possible sur le remboursement des crédits jusqu’à 6 mois.

Pour les entreprises les plus touchées par la crise, et cela dans le cadre du plan tourisme, il sera possible d’obtenir des reports déchéances jusqu’à 12 mois auprès de certains réseaux bancaires.

France Active met à disposition des entrepreneures une boite à outil qui recense toutes les solutions de financement.


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FINANCEMENT

Bénéficier d’accompagnement et de conseils

Le ministère de l’Économie et des Finances a lancé un moteur de recherche des mesures d’urgence pour les entreprises : il rassemble toutes les mesures de soutien aux entreprises, les conduites à adopter, des solutions pour l’emploi, des solutions de financement, etc. On y trouve aussi, des informations par secteur. Un appui est également mis en place pour faciliter les commandes de masques afin de protéger les salariés.e.s en passant commande sur la plateforme dédiée (stopcovid19.fr). Depuis le début du mois de mai, les TPE et PME peuvent effectuer leurs commandes de masques sur la plateforme masques-pme.laposte.fr.

Le DLA a pour objectif de soutenir les structures d’utilité sociale de l’Économie sociale et solidaire (ESS), créatrices d’emploi, dans leur démarche de développement et de consolidation. Pendant cette période de crise, le DLA oriente les structures vers les interlocuteurs les plus adaptés à leurs problématiques et pourra accompagner à la reprise de l’activité.

Le Haut-Commissariat à l’ESS et à l’innovation sociale a publié et met régulièrement à jour un document exhaustif des mesures qui concernent les structures de l’ESS.

France Active met à disposition des entrepreneures une boite à outil qui présente toutes les solutions d’accompagnement et de conseils.


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ACCOMPAGNEMENT

Comprendre les mesures fiscales proposées

A partir de juin, les conditions de prise en charge de l’indemnité d’activité partielle seront revues. Dans tous les cas, l’indemnité versée au salarié est inchangée -pendant l’activité partielle, il perçoit 70 % de sa rémunération brute (environ 84% du salaire net), et au minimum le SMIC net. Dans le cadre du plan tourisme, l’activité partielle entreprises du secteur touristique sera maintenu au niveau actuel (70% du brut) jusqu’à la fin de l’année 2020.Possibilité de demander au service des impôts le report sans pénalité du règlement de leurs prochaines échéances d’impôts directs (acompte d’impôt sur les sociétés, taxe sur les salaires). Dans les situations les plus difficiles, des remises d’impôts directs peuvent être accordées dans le cadre d’un examen individualisé.

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MESURES FISCALES

Rejoindre des communautés d’entraide


Pour faire face à cette situation exceptionnelle liée à la crise du COVID-19 et assurer sa mission d’aide aux personnes vulnérables, la Croix-Rouge française a mis sur pied un dispositif exceptionnel de conciergerie solidaire : Croix Rouge chez vous

Emmaüs Connect mène actuellement plusieurs actions d’urgence pour fournir des moyens de connexion et de l’aide à distance aux publics les plus isolés. Pendant la crise, le projet #ConnexiondUrgence pour connecter en urgence les exclus du numérique. Plus d’information sur leur site.

Durant la crise, la plateforme Réserve Civique permet d’orienter les forces bénévoles vers le soutien à la crise actuelle : les structures publiques ou associatives peuvent y proposer des missions, et les citoyens s’y porter volontaire. Pour ce faire, rendez-vous sur le site de la réserve civique.

France Active met à disposition des entrepreneures une boite à outil qui permet de découvrir les différentes communautés d’entraide.


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ENTRAIDE ET SOLIDARITÉ

Les banques se mobilisent pendant la crise


Avec #ConnectHers, programme d’accompagnement dédié aux femmes Entrepreneures, BNP Paribas leur permet d’accélérer leurs projets de création et de croissance tout en boostant leur ambition et leur audace. Le programme propose un parcours adapté en fonction de leur stade de maturité, grâce à 200 Chargés d’affaires référents sur toute la France, un accès facilité aux réseaux d’accompagnement de l’entrepreneuriat féminin avec des partenaires stratégiques et un accès aux financements avec une enveloppe annuelle de 2 milliards d’euros de crédit pour financer leurs projets.
Laure-Emmanuelle Filly, Responsable de l’Entrepreneuriat Féminin de BNP Paribas.

Nous sommes aux côtés des entrepreneures

Soutenir l’entrepreneuriat féminin, pour nous, est une question de conviction et d’expertise.

C’est la raison pour laquelle nous avons signé un accord-cadre avec l’Etat pour contribuer à porter à 40 % au moins la part des femmes parmi les entrepreneurs à fin 2020. Par ailleurs, ces dernières semaines, nous avons reçu plus de 52 000 demandes de Prêts Garantis par l’Etat (PGE), pour un montant de 8,5 milliards d’euros (données au 8/06/2020).

Notre défi commun avec France Active, c’est de soutenir l’ambition des femmes qui entreprennent. De les encourager à voir grand. De leur donner les moyens de réaliser leurs projets à la hauteur de leur potentiel.

Fabrice Gourgeonnet, Directeur du développement des Caisses d’Epargne

Le modèle de votre entreprise est orienté sur l’utilité sociale ?

Fidèle à son projet associatif, France Active renforce son offre pour apporter des solutions en conseil, financement et mise en réseau pour les entrepreneurs les plus engagés dans l’impact social, territorial et écologique, comme sur la création d’emplois. Le Pacte Relance de France Active se trouve aujourd’hui étoffé d’une une offre pour surmonter la crise, puis amorcer et réussir la relance, finalisée avec les partenaires historiques du réseau. Il se concrétise par la création du Prêt Relève Solidaire et par un accompagnement rapproché.


En savoir +

Et si la crise devenait une opportunité pour vous lancer dans l’entrepreneuriat ?


France Active est aux côtés des créatrices d’entreprise : sur les 7700 entrepreneurs accompagnés chaque année, on compte 50 % de femmes. France Active a développé, avec le soutien du Secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, une garantie d’emprunt bancaire spécialement dédié aux femmes : la garantie ÉGALITÉ Femmes. Elle facilite l’accès au crédit bancaire pour les entrepreneures demandeuses d’emploi ou en situation de précarité. Elle leur permet de voir leur financement garanti jusqu’à 80 % du montant du prêt

Femmes et entrepreneuriat

Où en sommes-nous ?


Lire l’étude
France Active/Bpifrance

Penser l’après Covid-19 : Agir pour le bien commun

 

Après la crise du COVID-19, comment faire perdurer l’esprit collectif de solidarité ?

Quelle économie construire, avec quelle place pour les entrepreneurs engagés ? Comment se réapproprier nos territoires et le sens du commun ?

Pour répondre à ces questions, France Active a convié le sociologue Jean Viard et son président d’honneur Claude Alphandéry à dialoguer en vidéo.

https://vimeo.com/415467384

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France Active et l’Union Européenne : Un combat commun pour une économie plus durable et plus inclusive


Le 9 mai, journée de la fête de l’Europe, est l’occasion de rappeler le rôle essentiel que joue l’Union européenne en faveur de l’emploi et de la cohésion sociale, et sa coopération à ce sujet, avec le réseau France Active. Dans le contexte particulier de crise sanitaire et économique lié au COVID-19, la continuité de ce soutien de l’Union Européenne à l’Economie sociale et solidaire et à l’entrepreneuriat engagé est plus que jamais essentielle pour permettre à France Active d’accompagner les entrepreneurs engagés sur le chemin de la relance et permettre à l’ESS d’être une composante à part entière de la stratégie de réponse à la crise.

France Active travaille avec l’Europe depuis plus de 20 ans pour développer la cohésion sociale dans nos territoires et favoriser l’accès à l’emploi via l’entrepreneuriat. Pour ce faire, France Active bénéficie de financements européens notamment à travers la mobilisation du Fonds Social Européen, en tant qu’organisme intermédiaire. Elle mobilise également les ressources du FEDER et FEADER pour son travail de garantie bancaire et bénéficie du soutien du Fonds Européen d’Investissement (FEI). France Active est par ailleurs membre de réseaux européens (FEBEA, EVPA) et participe activement à des groupes de travail sur les thématiques européennes du champ de l’entrepreneuriat engagé.

La reconduction des accords de garantie et contre-garantie par le FEI début 2020 dans le cadre des programmes EaSI et COSME, ainsi que le soutien financier de la Commission Européenne au développement de l’offre amorçage lancée en janvier 2020, attestent de la confiance que place l’Europe dans le modèle de France Active. Les ressources européennes permettent à notre réseau de renforcer son accompagnement à l’entrepreneuriat engagé mais aussi de pouvoir déployer sa démarche d’évaluation de l’impact social prenant en compte les spécificités des entreprises de l’ESS. Cette dernière s’inscrit dans le cadre du projet européen VISES.

Cette confiance de longue date prend un écho particulier dans le contexte actuel. France Active œuvre aux côtés des institutions européennes pour mettre en place des mesures spécifiques face à la crise et garantir l’accès des acteurs de l’économie sociale aux mesures de sauvetage économique prévues par l’Union Européenne. Par ces actions, l’Europe réaffirme son soutien à l’économie sociale et solidaire ainsi que son rôle essentiel pour son développement. Notre réseau souhaite que le contexte permette une sortie par le haut qui favorisera en Europe l’avènement d’une économie solidaire, inclusive et durable, en faveur de l’innovation sociale, pour chacun et dans tous les territoires, grâce à la finance solidaire. Nous travaillons à créer ou renforcer les alliances avec les acteurs européens partageant cette même ambition. Le réseau France Active continuera à porter ces idées dans sa coopération avec l’Europe, notamment dans le cadre de la participation de son Président Pierre-René Lemas, au Groupe d’experts de la Commission Européenne sur l’entrepreneuriat social (GECES).

La continuité de cette fructueuse coopération doit nous permettre de poursuivre deux missions :

  • Soutenir tout mode d’entrepreneuriat engagé et défendre plus spécifiquement le modèle de l’entreprise sociale et solidaire
  • Promouvoir une finance solidaire en Europe, basée sur une recherche d’impact social et environnemental fort et durable.

Entrepreneurs face à la crise : ils s’adaptent, ils s’engagent


Les tensions économiques dues au contexte sanitaire actuel affectent particulièrement les entrepreneurs.

Engagés dans leurs territoires, pour le lien social, en faveur d’une activité positive pour l’environnement, pour la réinsertion, ou pour la création d’emplois, ils s’adaptent aux mesures de confinement et font face à la crise.

Mettant la solidarité au cœur de leurs modèles, ils trouvent des solutions pour aider le personnel soignant, les hôpitaux ou les personnes isolées pendant ce contexte particulier.

France Active les accompagne dans cet effort et soutient leurs efforts pour préparer la suite, avec un accompagnement dédié aux entreprises de l’Economie sociale et solidaire.


MESURES DE SOUTIEN
France Active


BOITE À OUTILS
France Active

3 portraits d’entrepreneurs qui s’engagent en solidaire


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Bienvenue en silver ESS



La population vieillit, c’est un fait. Mais sommes-nous préparés à cette nouvelle donne démographique ? Accompagnement, lien social, prévention, gestion de la perte d’autonomie, dignité des conditions de vie… Le secteur du grand âge doit évoluer – tant quantitativement que qualitativement. Les entrepreneurs engagés sont à la pointe de cette transformation.

L’espérance de vie progresse, tandis que les premières générations de baby-boomers dépassent les 75 ans. Cette donnée démographique en cache une autre, plus problématique. Car si l’espérance de vie en France est l’une des plus élevées d’Europe, ce n’est pas le cas de l’espérance de vie en bonne santé et le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie ne cesse de croître. Ce qui représente un enjeu sociétal d’envergure, résumé ainsi par le rapport Libault, « Grand âge : le temps d’agir », remis au gouvernement en mars 2019 : « La France fait face à une double exigence : affronter la réalité démographique de la hausse du nombre de personnes âgées dépendantes, qui outre un effort financier nécessite de faire évoluer le regard sur le grand âge, mais également faire évoluer l’offre proposée, le modèle actuel semblant à bout de souffle. »

La nécessité d’une alternative

De quel modèle à bout de souffle parle-t-on ? Celui, principalement, des Ehpad qui a largement augmenté sa capacité d’accueil depuis dix ans. Mais sans pouvoir répondre à tous les enjeux de la perte d’autonomie – notamment pour les personnes les plus dépendantes –, ni aux attentes d’une prise en charge globale de la personne, requérant qualité d’accompagnement, lien social et adaptation réelle aux besoins des seniors et de leurs proches. Cette solution, souvent lourde économiquement pour les familles, est la plupart du temps choisie par défaut. Les Français déclarent très majoritairement vouloir rester chez eux le plus longtemps possible. Autre indicateur de perte de vitesse : les principaux métiers du grand âge n’attirent plus, alors même que le secteur devrait recruter près de 93 000 personnes supplémentaires d’ici 2024, comme le rappelle le récent rapport El Khomri sur le sujet.
Face à ce modèle dominant, quelles autres solutions ? Romain Ganneau, responsable des Initiatives sociales chez AG2R La Mondiale met en garde contre les innovations technologiques qui sembleraient séduisantes mais qui ne répondent pas aux réels besoins d’alternatives : « Aujourd’hui en France, pour répondre à la problématique du maintien à domicile, on a près de 300 projets et stratups sur le créneau de la détection des chutes. Pourtant, peu obtienne l’adhésion des seniors. Pourquoi ? Ils ne sont pas en phase avec les usages. Il faut avoir une vue beaucoup plus globale et ne pas imposer une solution toute faite. L’expérience le montre : il faut laisser le choix. Le vieillissement de la population n’est pas qu’une problématique économique, c’est un sujet de société. Ce qui signifie qu’il faut s’interroger réellement sur les envies des gens et co-construire les solutions avec eux. »

La voie sociale et solidaire

Dans cette nécessité de changement de modèle, les acteurs de l’ESS ont pleinement leur rôle à jouer. Marie-Gabrielle Lannegrace, chargée d’investissement solidaire chez France Active, le confirme : « Le bien vieillir est évidemment une opportunité pour les entrepreneurs engagés de se développer sur un nouveau marché, mais aussi de le faire avec les valeurs propres de l’économie sociale et solidaire. À savoir la recherche d’une accessibilité pour tous – et notamment d’un point de vue tarifaire –, un très bon ancrage territorial pour une réponse au plus près des bénéficiaires, une forme de gouvernance propice aux co-constructions avec toutes les parties prenantes – qu’il s’agisse des usagers eux-mêmes mais aussi des proches aidants et des professionnels. Tous ces éléments sont porteurs d’innovations sociales. »
Cette dynamique, le Groupe Associatif Siel Bleu, soutenu par France Active Alsace, la met en pratique depuis plus de 22 ans. Son ambition : faire de l’activité physique un outil d’accompagnement global des personnes en fragilité sociale, cognitive et physique. « Notre premier public était les seniors, car nous étions exaspérés d’entendre parler d’eux comme un coût, et non comme des personnes dont on doit prendre soin », explique Jean-Michel Ricard, l’un des deux fondateurs. « C’est pourquoi, dès le départ, nous avons proposé une accessibilité géographique mais aussi financière grâce à des tarifs différenciés. Car rester en bonne santé et autonome le plus longtemps possible ne doit jamais être un luxe. » Ces valeurs ont ainsi su allier pérennité économique – Siel Bleu accompagne aujourd’hui 14 0000 personnes par semaine dans toute la France et emploie 700 personnes – mais aussi innovations. Pour preuves, le Groupe Associatif a lancé une nouvelle gamme de matériel adapté 100 % made in France et co-construits avec ses bénéficiaires et ses salariés. Sa Fondation protège cette aventure basée sur la non-lucrativité et le bien commun et mène, quant à elle, des programmes de R&D pour aller toujours loin dans l’accessibilité – notamment pour accompagner des personnes âgées en prison ou à la rue et pour mieux prendre en compte la problématique des déserts médicaux.

Lever les freins à l’émergence et au changement d’échelle
À la croisée des principaux enjeux du grand âge – prise en compte globale de la personne dans la gestion de la dépendance, qualité des soins, lutte contre l’isolement, accompagnement des proches aidants, etc. – se trouve une question cruciale : le lieu de vie des seniors. Pour apporter des réponses alternatives aux Ephad, de nombreux projets portés pas des entrepreneurs engagés proposent de nouvelles approches, notamment autour de la notion d’habitat partagé. Que ce soit entre des seniors et des étudiants, comme avec la plateforme de mise en relation Homiz, ou même entre seniors. C’est le cas avec la Maison des sages, soutenue par France Active Yvelines, qui a créé une colocation de huit personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, dans une maison au cœur de Sartrouville. Le principe est simple : chacun paie son loyer et dispose de sa chambre, tandis que les charges de personnel – notamment celles des professionnels de santé intervenant sur place – sont mutualisées. Les colocataires bénéficient alors d’une prise en charge beaucoup plus souple et adaptée qu’en institution. Les moments de vie sont partagés dans les grandes pièces communes et les familles sont pleinement impliquées dans le projet.
Les potentiels de l’habitat inclusif sont encore énormes. La foncière Familles solidaires en témoigne. Créée il y a sept ans, elle compte déjà sept lieux de vie en Alsace et en Bretagne et deux sont en développement – ce qui représente 500 personnes accompagnées (la personne dépendante mais aussi ses aidants) et près de 150 emplois créés. « Familles solidaires a été imaginée par des personnes qui ne trouvaient pas de structure adaptée pour leur proche en situation de dépendance. Il manquait un maillon essentiel entre l’institution bien cadrée et le domicile individuel. Ce vivre ensemble, oscillant entre un “chez soi” et un “avec les autres” est une alternative qualitative. Elle offre une vraie liberté de choix », relate Bernadette Paul-Cornu, codirigeante. Convaincue par ce modèle, la structure a organisé fin 2019 un tour de table avec France Active Investissements, Ecofi, Mirova et des citoyens épargnants solidaires pour une levée de fonds de 1,55 million d’euros dont l’objectif est de prolonger le développement des projets immobiliers et accompagner le changement d’échelle. « Car tel est bien le défi : sortir de l’intervention sporadique et essaimer le modèle », poursuit Bernadette Paul-Cornu. « C’est d’ailleurs dans ce sens que nous avons lancé en 2018 un appel à projets national – #LACHPA – pour identifier des projets innovants proposés par des aidants et les faire monter en compétences dans tous les domaines – juridique, économique, vie sociale, immobilier… D’aidants, finalement, ils ont à se transformer en de véritables entrepreneurs sociaux. »

Lever les freins à l’émergence et au changement d’échelle

Comment dès lors accompagner plus massivement l’émergence et la diffusion de ces solutions sociales et solidaires? « Il faut, tout d’abord, se méfier de la “fausse bonne” idée qui n’a pas encore été développée pour de bonnes raisons », précise Marie-Gabrielle Lannegrace. « Avant de se lancer, il est essentiel de bien identifier l’existant, les acteurs de l’écosystème, les synergies possibles ainsi que les besoins non couverts. » D’où l’importance d’un accompagnement ad-hoc dans les phases de structuration du projet. Lionel Lamothe, à l’initiative de la solution d’accompagnement à la prise en charge cognitive, ExoStim le confirme : « Dès le départ, nous avons conçu cette solution sur deux bases complémentaires : l’apport du CNRS pour la solidité scientifique, mais aussi l’accès direct aux utilisateurs grâce à des mises en situation. Parallèlement, nous avons été incubés, nous avons été en pépinière, nous avons été accélérés. Nous avons donc régulièrement été challengés par des acteurs très divers. Ça nous a donné une vraie assise pour commencer et nous développer. »
Autre enjeu de taille : le morcellement de l’action. Isabelle Blaevoet, directrice des innovations sociales chez Malakoff Humanis le confirme : « D’un côté, les acteurs de l’ESS ont cette grande force d’être très ancrés dans les territoires. Mais cela concourt aussi à l’éclatement de leur offre, qui perd en lisibilité. Cela est notamment dommageable pour les aidants qui se retrouvent bien souvent dans un parcours du combattant quand il s’agit de choisir l’option la plus adaptée pour leur proche. Trouver la bonne articulation entre le local et le national, entre entrepreneurs sociaux et grands acteurs du secteur, est l’une des clés pour concilier innovation sociale et impact pérenne. »
Dans ce contexte, l’heure est à l’émergence de nouveaux modèles de sourcing et de soutien au développement. À l’instar du pôle Vivalab qui vise le repérage de projets locaux, duplicables à l’échelle nationale, et auxquels est apporté un accompagnement sur mesure (voir encadré ci-contre). « Notre volonté était de créer l’écosystème favorable et global dont a besoin un porteur de projet pour fiabiliser son innovation », explique Benjamin Leroux, de la CNAV. « Notre approche partenariale est fondamentale pour allier les approches entre le très grand et le très petit tout en jouant la complémentarité des compétences ». C’est-à-dire mixer de manière agile les ingrédients propices à une innovation qui a vocation à s’installer dans la durée. La session 2019 a permis d’accompagner des projets comme ExoStim, mais aussi Picto Access qui propose des solutions pour renforcer l’accessibilité des informations à destination des personnes âgées ou en situation de handicap. « Une telle expérience nous a apporté de la crédibilité pour aller chercher des partenariats plus globaux – comme l’ARS », rappelle le fondateur, Justin Marquant. « Être accompagnés par des acteurs forts du secteur, qui en connaissent tous les rouages, a été un vrai plus pour gagner en maturité. Car ne l’oublions pas, comme beaucoup d’entrepreneurs sociaux, nous sommes une petite structure qui cherche à répondre à de grands enjeux… »

1 Français sur trois

aura plus de 60 ans d’ici 2050
14,6 % des Français auront 75 ans et plus en 2040
– soit une hausse de 5,5 points en 25 ans
(INSEE)

4 personnes sur 10

qui décèdent en France ont connu la perte d’autonomie
Dont 2 de façon sévère. Et 3 ont vécu dans un établissement.

(Rapport Libault, « Grand âge et autonomie », 2019)

+ 22%

de personnes âgées dépendantes entre 2017 et 2030.
+ 41 % entre 2030 et 2050

3,9 millions de personnes
apportent une aide régulière à un de leur proche âgé de 60 ans ou plus vivant à domicile.

(Drees)

Vivalab, activateur d’innovations

Vivalab est un pôle d’innovation créé en 2019 par la Cnav, en partenariat avec l’Agirc-Arrco, la CCMSA, France Active et la Banque des Territoires. Son objectif est de soutenir l’émergence et le développement d’innovations technologiques, techniques et organisationnelles pour proposer de nouvelles réponses, en complémentarité de l’aide humaine, en faveur de la prévention de la perte d’autonomie et du bien vieillir. Concrètement, les initiatives sont repérées sur les territoires via les Coordinations locales de Silver Autonomie, puis suivies par les différents acteurs de Vivalab qui proposent un accompagnement sur mesure mêlant diagnostic de l’offre et appui à la structuration, au business model, à la constitution de partenariats, à l’accélération… Les porteurs de projet les plus prometteurs peuvent ensuite être soutenus à plus grande échelle grâce à des investissements des membres et partenaires du pôle.
La thématique de l’année 2020 sera le soutien à l’autonomie.

Pour en savoir plus : www.vivalab.fr

3 questions à Frédérique Garlaud, directrice nationale de l’Action sociale de la CNAV

En quoi les acteurs de l’ESS peuvent apporter une réponse pertinente aux grands enjeux du vieillissement ?
Si on veut réussir la transition démographique, il faut que toute la société s’empare de ce défi. Pas seulement les institutions ou les acteurs historiques, qui sont certes compétents, mais ne peuvent à eux seuls être au plus près des territoires et des personnes. Je pense que les entrepreneurs de l’ESS sont amenés à prendre une place prépondérante – aux côtés des acteurs traditionnels – pour générer ces changements culturels.

Quel est, selon vous, leur principal défi ?
Face à l’éparpillement de leurs initiatives, ce serait de pouvoir créer des synergies entre acteurs. Une idée excellente peut s’avérer caduque si elle ne prend pas suffisamment en compte tout son écosystème. Il y a aujourd’hui beaucoup de projets qui voient le jour, beaucoup d’émulation, mais nous avons une difficulté à identifier, détecter, accompagner, soutenir… Il y a vraiment un enjeu de création de filière et de réseau.

De quel accompagnement nécessitent-ils en priorité ?
Ils ont d’abord besoin d’agilité dans les réponses qui leur sont apportées, pour pouvoir identifier les structures les plus à mêmes de les accompagner et les relais qui peuvent se constituer. Avec l’expérience, nous nous sommes aperçus que l’accompagnement financier n’était utile que dans un second temps. Ils ont d’abord besoin de soutien dans l’ingénierie sociale, pour structurer leur modèle et le pérenniser. C’est cette philosophie que nous portons avec le Vivalab.


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